• Wells Fargo, Cisco, Marvell, Arm, Intuit et Moderna ont rejoint la liste des entreprises refusant que leurs actions soient tokenisées sur la future plateforme OKXICE, portant le total des opposants à 22. Le projet porté par OKX et Intercontinental Exchange prévoit de négocier des actions américaines tokenisées 24h/24 via des pools de liquidité sur X Layer, avec règlement en stablecoins. Il bénéficie de l’« Innovation Exemption » temporaire accordée par la SEC, mais celle-ci impose d’informer les sociétés concernées et leur permet de s’opposer à la cotation de leurs titres sous forme tokenisée sur la plateforme. Les entreprises n’ont, pour la plupart, pas précisé les raisons de leur refus.

Ces objections montrent que la tokenisation des actions ne dépend pas seulement de la technologie ou de l’accord du régulateur : l’adhésion des émetteurs devient également un enjeu déterminant. Les actions tokenisées promettent négociation continue, règlement quasi instantané et intégration aux infrastructures blockchain, mais les sociétés cotées peuvent s’inquiéter des effets sur la liquidité, la formation des prix, les droits des actionnaires ou de la confusion entre une émission qu’elles auraient elles-mêmes organisée et un token créé par un tiers. Le développement de ce marché devra donc concilier innovation on-chain et maintien d’un lien clair avec les droits attachés aux actions traditionnelles.


  • Strategy et Strive ont utilisé des actions préférentielles perpétuelles pour financer l’achat d’environ 136 000 bitcoins, ouvrant une nouvelle source de demande auprès d’investisseurs davantage intéressés par le rendement que par une exposition directe à Bitcoin. Ces titres versent des dividendes réguliers et n’ont pas d’échéance fixe, ce qui permet aux émetteurs de lever des capitaux sans pression immédiate de remboursement. Mais cette mécanique devient plus contraignante à mesure que les encours augmentent : Strategy a récemment consacré 193 millions de dollars au rachat de ses actions préférentielles STRC tout en n’achetant que 267 BTC sur la même période. Les ETF Bitcoin spot restent néanmoins, à ce stade, une source de demande nettement plus importante, avec environ 57 milliards de dollars de collecte nette cumulée.

Ces instruments créent donc un arbitrage permanent entre trois usages du capital : acheter davantage de Bitcoin, verser les dividendes promis et soutenir le cours des actions préférentielles par des rachats. Lorsque ces titres se négocient sous leur valeur nominale, leur émission devient moins attractive et les rachats peuvent concurrencer directement les achats de Bitcoin. Le modèle peut ainsi amplifier les cycles : très puissant lorsque les conditions de financement sont favorables, mais plus contraignant lorsque le sentiment de marché se détériore.


  • La banque centrale suédoise appelle le Parlement à rouvrir le dossier d’une couronne numérique, face à la montée des stablecoins et à l’avancée du projet d’euro numérique. La Riksbank craint qu’en l’absence d’une version numérique facilement utilisable de la couronne, les paiements domestiques ne se déplacent progressivement vers des monnaies étrangères ou des instruments privés plus pratiques. Elle souligne également l’enjeu de résilience : une e-krona pourrait constituer une solution de paiement publique utilisable comme complément au cash et, potentiellement, comme solution de secours en cas de cyberattaque ou de panne majeure. La banque centrale n’a toutefois pas encore décidé de recommander formellement son émission, qui nécessiterait au moins cinq années de travaux législatifs et opérationnels.

Le débat montre que les monnaies numériques de banque centrale ne sont plus seulement motivées par la disparition du cash, mais aussi par des enjeux de souveraineté monétaire et de concurrence avec les stablecoins privés. Pour la Suède, l’enjeu est de préserver l’usage de la couronne dans une économie déjà très dématérialisée, alors que l’euro numérique pourrait voir le jour autour de 2029. Plus largement, l’émergence simultanée des CBDC, stablecoins et dépôts tokenisés pourrait conduire à une coexistence de plusieurs formes de monnaie numérique, chacune avec ses propres garanties, usages et émetteurs.


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