• La volatilité annualisée de Bitcoin a nettement diminué depuis 2018, passant d’environ 84 % à 46 %, mais les épisodes de variation extrême sont devenus plus fréquents. En 2026, Bitcoin aurait déjà enregistré dix journées correspondant à des mouvements supérieurs à trois écarts-types, contre huit sur l’ensemble de 2018. Cette évolution suggère un marché plus stable en apparence au quotidien, mais toujours capable de connaître des ruptures brutales, notamment sous l’effet de chocs macroéconomiques ou de positions très concentrées sur les marchés dérivés.

Cette configuration invite à ne pas confondre baisse de la volatilité moyenne et baisse du risque réel. Les modèles classiques de Value at Risk fondés sur la volatilité historique peuvent sous-estimer le risque de perte extrême lorsque les distributions présentent des « queues épaisses ». Pour la gestion patrimoniale, cela signifie que Bitcoin peut apparaître progressivement moins volatil dans les statistiques tout en conservant un risque de correction brutale qui justifie une allocation maîtrisée, des limites de position et une approche spécifique du risque extrême.


  • La tokenisation des matières premières commence à s’étendre au-delà de l’or, avec de nouveaux projets portant sur l’argent, le pétrole et surtout le financement adossé à des actifs physiques. Des acteurs comme Paxos Labs, Theo et Energy Substantiation cherchent à utiliser des actifs tokenisés non seulement comme instruments d’exposition au prix, mais aussi comme supports de prêt, de collatéral ou de financement de stocks. EnSub développe notamment des produits liés au pétrole physique, tandis que d’autres initiatives explorent le prêt adossé à l’or et à l’argent.

L’enjeu dépasse donc la simple numérisation d’une matière première : il s’agit de transformer des actifs physiques en instruments mobilisables dans des circuits financiers on-chain. Cela pourrait à terme faciliter le financement des stocks, l’utilisation de matières premières comme collatéral et la circulation de ces actifs entre investisseurs et emprunteurs. Mais le développement de ce marché reste dépendant de contraintes très concrètes : conservation physique, logistique, qualité des réserves, règlement-livraison et risque de crédit des emprunteurs.


  • La commission des finances de l’Assemblée nationale a adopté deux amendements qui durciraient sensiblement la fiscalité des cryptoactifs à compter du 1er janvier 2027. Le premier prévoit de considérer les conversions de cryptoactifs vers certains stablecoins adossés à une monnaie officielle comme des cessions imposables, alors qu’elles bénéficient aujourd’hui du sursis d’imposition applicable aux échanges entre actifs numériques. Le second étendrait l’exit tax aux contribuables transférant leur résidence fiscale hors de France et détenant plus de 800 000 euros de cryptoactifs, sous certaines conditions de résidence antérieure. Ces mesures ont toutefois perdu leur adoption en commission après le rejet, le 9 octobre, de l’ensemble de la partie « recettes » du projet de loi de finances : elles devront donc être redéposées et adoptées au cours de la suite du débat parlementaire pour entrer en vigueur.

Ces propositions marquent une volonté de rapprocher progressivement la fiscalité des cryptoactifs de celle des autres actifs financiers et, surtout, de réduire l’intérêt fiscal de certaines stratégies aujourd’hui utilisées pour différer l’imposition. La taxation d’un passage de Bitcoin vers un stablecoin modifierait notamment la gestion des arbitrages et de la mise en attente des plus-values au sein d’un portefeuille crypto.


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