Semaine 4
Plusieurs décisions récentes de l'AMF a semé le doute sur la légitimité des rétrocommissions. Ce modèle que l'on dit finissant depuis plusieurs années est peut-être cette fois-ci véritablement compromis. Nombreux sont ceux qui, dans ce contexte, reconsidèrent la possibilité de passer aux honoraires.
🔵 C'est indubitablement la sanction pris à l'encontre d'Altaroc qui a donné le coup de semonce : la société de gestion spécialisée dans les actifs non cotés s’est en effet vue reprocher de ne pas pouvoir prouver que le versement de rétrocommissions avait vocation à améliorer la qualité du service fourni aux investisseurs. Ce qui n'était, jusque là, qu'une obligation théorique devient tout à coup une préoccupation majeure du régulateur.
🔵 Si des groupes de travail ont été constitués par l’AFG ou France Invest en ce sens, parvenir à des procédures standardisées qui permettraient de respecter les règles tout en limitant les contraintes risquent d'être complexes et surtout d'alourdir encore la charge administrative des CGP. On peut, en effet, craindre que l'ensemble des sociétés de gestion ne leur demandent de justifier séparément de l’amélioration de la qualité de service aux clients.
🔵 Si certains prennent d'ores et déjà les devants en revoyant leur modèle de rémunération (c'est notamment le cas d'Alpha Conseils ou de RockFi), rappelons que le modèle économique des honoraires n'est encore adopté que par moins de 20% de la profession ce qui laisse une idée du bouleversement à attendre dans les prochaines années si l'AMF confirmait sa doctrine.
Tout porte à croire que le délai accordée à la France par l'Europe sur le sujet n'aura finalement été qu'une victoire à la Pyrrhus. Il est plus que temps d'en tenir compte et de réfléchir sans plus attendre à accompagner le changement avant que de le subir.

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