Semaine 5
La nomination de Kevin Warsh à la tête de la Fed a brutalement douché l’optimisme des marchés sur les actifs de réserve, de l’or au Bitcoin. Cette correction d’ampleur, portée par le retour d'un dollar fort, force désormais les investisseurs institutionnels à réévaluer leur exposition face à une politique monétaire plus rigide.
🔵 En l'espace de dix jours, l'argent a corrigé de 32,72 % par rapport à son sommet historique, effaçant environ 2 500 milliards de dollars de capitalisation (soit l'équivalent de la valeur totale de l'écosystème crypto). De son côté, l'or a cédé 16 %, représentant une perte de valeur papier de 6 620 milliards de dollars. Cette capitulation interpelle alors que les fondamentaux macroéconomiques restaient, en théorie, porteurs : craintes inflationnistes, dédollarisation globale, tensions géopolitiques autour du Groenland ou menaces d'escalade en Iran.
🔵 Le marché des actifs numériques a subi une onde de choc similaire samedi dernier. Le Bitcoin a cédé plus de 10% et Ethereum 17%. Trois facteurs à ce phénomène. Tout d'abord, une liquidation massive des positions longues sur un carnet d'ordres à la liquidité limitée. Ensuite, la décollecte sur les ETF américains où les sorties nettes ont atteint 1,827 milliard de dollars en seulement quarante-huit heures. Enfin, la corrélation inverse avec le dollar, dont le rallye contre tendance a pesé sur les actifs à risque.
🔵 Le marché actuel semble désormais s'installer dans une dynamique de marché baissier. Le ratio SOPR indique que les détenteurs de long terme continuent d'extraire des liquidités (plus de 4 milliards de dollars depuis le 1er janvier). En l'absence de nouveaux capitaux spéculatifs, freinés par des conditions économiques difficiles pour les investisseurs de détail, le marché des crypto-actifs devrait rester, à court terme, sous pression.
S'il est une leçon à retenir de l'épisode en cours c'est bien de toujours garder en tête que le marché des cryptoactifs demeure toujours très peu liquide et donc fortement exposé à de violents mouvements (en l'occurrence à la baisse). Paradoxalement, peut-être est-ce également le moment d'envisager d'y entrer en DCA après plus de 40% de correction en à peine 6 mois.

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