


- Selon Galaxy Research, environ 11,1 millions de bitcoins, soit près de 55 % des quelque 20,1 millions de BTC déjà minés, sont détenus sur des adresses qu’il est impossible de rattacher à une plateforme, un fonds, une entreprise, un gouvernement ou une autre entité identifiée. Ce chiffre suggère que l’auto-conservation reste très importante malgré la montée en puissance des ETF et des investisseurs institutionnels. Il faut toutefois éviter de parler de bitcoins « sans propriétaire » : cette catégorie peut aussi inclure des coins définitivement perdus, des avoirs institutionnels non identifiés ou des actifs répartis entre plusieurs structures complexes de conservation.
Cette répartition rappelle une caractéristique spécifique de Bitcoin : son institutionnalisation ne signifie pas nécessairement une centralisation de sa détention. Une part potentiellement importante de l’offre reste contrôlée directement par des détenteurs qui possèdent leurs propres clés, en dehors des ETF, exchanges ou dépositaires traditionnels.
- Plus de 10 000 plaintes ont été adressées en 90 jours aux banques britanniques concernant des transferts vers des plateformes crypto bloqués ou limités. Selon Stand With Crypto, 9 803 personnes ont déposé 10 092 plaintes entre mai et août 2026. Lloyds Banking Group arrive en tête avec 2 297 plaintes, devant Barclays avec 1 569 et NatWest avec 1 278. Certaines banques imposent des plafonds quotidiens ou mensuels, tandis que d’autres interdisent totalement les transferts vers les plateformes crypto. Les données doivent toutefois être interprétées avec prudence : elles proviennent d’une campagne volontaire, ne sont pas pondérées par la part de marché des banques et ne mesurent donc pas directement le taux réel de rejet des transferts.
Le sujet met en évidence une contradiction croissante entre la volonté britannique de développer un marché crypto régulé et les restrictions bancaires qui compliquent encore l’accès aux plateformes autorisées.
- JPM Coin et USDC circulent tous deux sur des blockchains publiques, mais ils ne donnent pas à leurs détenteurs les mêmes droits. USDC est un stablecoin émis par Circle : il peut être transféré librement entre wallets compatibles sans disposer d’un compte Circle Mint, mais son remboursement direct en dollars auprès de Circle suppose d’être éligible et de détenir un compte Circle Mint. JPM Coin, ou JPMD, est au contraire un dépôt bancaire tokenisé : il représente un dépôt en dollars chez JPMorgan et n’est accessible qu’à des clients institutionnels préalablement approuvés par la banque.
La différence essentielle porte donc moins sur la technologie que sur la nature juridique de ce que détient l’investisseur. Avec USDC, le détenteur possède un token adossé à des réserves et un droit conditionnel de remboursement auprès de Circle ; avec JPM Coin, il détient la représentation on-chain d’un dépôt bancaire restant dans l’infrastructure réglementée de JPMorgan. Cette distinction a des conséquences directes en matière d’accès, de risque de contrepartie, de conservation et de remboursement. Elle montre que la future monnaie on-chain pourrait coexister sous plusieurs formes : stablecoins privés largement transférables et dépôts bancaires tokenisés plus fermés mais intégrés au système bancaire.
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