• Une étude de la Banque des règlements internationaux montre que les stablecoins et les dépôts bancaires fonctionnent, au moins partiellement, comme des substituts. En analysant les données américaines entre janvier 2019 et juin 2025, les économistes du BIS constatent qu’une hausse des taux servis sur les dépôts bancaires est suivie d’un ralentissement de la croissance de la capitalisation des stablecoins. L’effet est plus marqué pour l’USDC que pour l’USDT, ce que les auteurs relient à la plus forte exposition de l’USDC aux utilisateurs américains. L’étude précise toutefois qu’elle ne démontre pas qu’une hausse des stablecoins entraîne mécaniquement une baisse équivalente des dépôts bancaires ou du crédit.

Cette relation donne aux banques un levier direct sur l’attractivité relative des stablecoins : mieux rémunérer les dépôts peut réduire l’incitation à déplacer sa trésorerie vers des dollars tokenisés non rémunérés. À mesure que les stablecoins se développent comme instruments de paiement et de réserve de liquidité, leur concurrence avec les dépôts pourrait donc influencer le coût de financement des banques et même la transmission de la politique monétaire.


  • L’encours mondial de stablecoins a quasiment stagné en 2026, mais leur utilisation pour les paiements a fortement accéléré. Selon les données d’Allium, les paiements en stablecoins ont atteint 482 milliards de dollars entre janvier et septembre 2026, soit une hausse de 45 % sur un an, tandis que le nombre de transactions a progressé de 71 % pour dépasser 1 milliard. Dans le même temps, l’encours total n’a augmenté que de 0,4 %, à environ 305 milliards de dollars. La baisse du montant moyen des paiements, de 544 à 462 dollars, suggère également une diffusion vers des usages plus fréquents et de plus petits montants.

Cette divergence entre encours et volumes montre que la prochaine phase de développement des stablecoins pourrait reposer davantage sur leur vitesse de circulation que sur la croissance de leur capitalisation. Visa compte déjà plus de 160 programmes de cartes liés aux stablecoins, avec des volumes en hausse de près de 200 % sur un an, tandis que Mastercard et Stripe multiplient les infrastructures de règlement, de cartes et de conversion entre monnaie bancaire et monnaie tokenisée.


  • Goldman Sachs, Wells Fargo et Morgan Stanley considèrent désormais la tokenisation davantage comme une opportunité de croissance que comme une menace pour leurs activités historiques. Goldman Sachs anticipe la création de nouveaux produits de trading et des gains d’efficacité dans les marchés de capitaux ; Wells Fargo utilise déjà des infrastructures tokenisées pour certains paiements transfrontaliers, avec des règlements réalisés en moins de deux minutes ; Morgan Stanley estime de son côté que la complexification de ces nouveaux produits pourrait accroître la demande de conseil financier et d’accompagnement patrimonial.

Les grandes banques ne cherchent plus seulement à protéger leurs activités existantes face à la blockchain, mais à l’intégrer pour développer de nouveaux services. La tokenisation peut réduire les délais de règlement, améliorer la circulation du collatéral et créer de nouveaux supports d’investissement, tout en renforçant le besoin d’intermédiation pour sélectionner, structurer et expliquer ces produits.


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