Info N°1

BlackRock estime que la tokenisation des fonds commence à dépasser la simple représentation numérique d’un actif pour devenir une véritable brique de l’infrastructure financière. Le groupe voit notamment ses fonds tokenisés utilisés comme collatéral dans l’écosystème des actifs numériques et souhaite étendre ces usages à la finance traditionnelle. Les parts peuvent être transférées 24h/24 entre investisseurs autorisés, avec un règlement quasi instantané, et pourraient permettre de transférer directement la propriété d’un fonds sans devoir systématiquement procéder à un rachat puis à une nouvelle souscription. BlackRock propose déjà plusieurs fonds monétaires tokenisés intégrant ces fonctionnalités.


Info N°2

Une étude de la Banque des règlements internationaux montre que les stablecoins et les dépôts bancaires fonctionnent, au moins partiellement, comme des substituts. En analysant les données américaines entre janvier 2019 et juin 2025, les économistes du BIS constatent qu’une hausse des taux servis sur les dépôts bancaires est suivie d’un ralentissement de la croissance de la capitalisation des stablecoins. L’effet est plus marqué pour l’USDC que pour l’USDT, ce que les auteurs relient à la plus forte exposition de l’USDC aux utilisateurs américains. L’étude précise toutefois qu’elle ne démontre pas qu’une hausse des stablecoins entraîne mécaniquement une baisse équivalente des dépôts bancaires ou du crédit.


Info N°3

Selon Galaxy Research, environ 11,1 millions de bitcoins, soit près de 55 % des quelque 20,1 millions de BTC déjà minés, sont détenus sur des adresses qu’il est impossible de rattacher à une plateforme, un fonds, une entreprise, un gouvernement ou une autre entité identifiée. Ce chiffre suggère que l’auto-conservation reste très importante malgré la montée en puissance des ETF et des investisseurs institutionnels. Il faut toutefois éviter de parler de bitcoins « sans propriétaire » : cette catégorie peut aussi inclure des coins définitivement perdus, des avoirs institutionnels non identifiés ou des actifs répartis entre plusieurs structures complexes de conservation.


Info N°4

Les ETF Bitcoin spot américains ont enregistré environ 301 millions de dollars de souscriptions nettes sur la semaine, mettant fin à deux semaines consécutives de sorties. Les trois premières séances avaient attiré près de 1,07 milliard de dollars, avant que 773,5 millions ne ressortent jeudi et vendredi. Malgré ce rebond hebdomadaire, octobre reste légèrement négatif, avec environ 314 millions de dollars de sorties nettes. Depuis leur lancement, les ETF Bitcoin américains cumulent néanmoins 57,6 milliards de dollars de collecte nette pour environ 100 milliards de dollars d’encours.


Info N°5

Strategy et Strive ont utilisé des actions préférentielles perpétuelles pour financer l’achat d’environ 136 000 bitcoins, ouvrant une nouvelle source de demande auprès d’investisseurs davantage intéressés par le rendement que par une exposition directe à Bitcoin. Ces titres versent des dividendes réguliers et n’ont pas d’échéance fixe, ce qui permet aux émetteurs de lever des capitaux sans pression immédiate de remboursement. Mais cette mécanique devient plus contraignante à mesure que les encours augmentent : Strategy a récemment consacré 193 millions de dollars au rachat de ses actions préférentielles STRC tout en n’achetant que 267 BTC sur la même période. Les ETF Bitcoin spot restent néanmoins, à ce stade, une source de demande nettement plus importante, avec environ 57 milliards de dollars de collecte nette cumulée.


Info N°6

Deutsche Bank s’apprête à lancer en Allemagne son premier service de conservation de cryptoactifs, avant une extension vers plusieurs centres financiers asiatiques en 2027. Destinée dans un premier temps aux entreprises et clients institutionnels, l’offre prendra en charge Bitcoin, Ether ainsi que plusieurs stablecoins, dont USDC, EURC et EURAU. La banque gérera directement les wallets et les clés privées pour le compte de ses clients. Sa feuille de route prévoit également les conversions impliquant des stablecoins, les dépôts bancaires tokenisés et l’émission de titres sur blockchain, notamment des obligations numériques.


Info N°7

L’encours mondial de stablecoins a quasiment stagné en 2026, mais leur utilisation pour les paiements a fortement accéléré. Selon les données d’Allium, les paiements en stablecoins ont atteint 482 milliards de dollars entre janvier et septembre 2026, soit une hausse de 45 % sur un an, tandis que le nombre de transactions a progressé de 71 % pour dépasser 1 milliard. Dans le même temps, l’encours total n’a augmenté que de 0,4 %, à environ 305 milliards de dollars. La baisse du montant moyen des paiements, de 544 à 462 dollars, suggère également une diffusion vers des usages plus fréquents et de plus petits montants.


Info N°8

JPM Coin et USDC circulent tous deux sur des blockchains publiques, mais ils ne donnent pas à leurs détenteurs les mêmes droits. USDC est un stablecoin émis par Circle : il peut être transféré librement entre wallets compatibles sans disposer d’un compte Circle Mint, mais son remboursement direct en dollars auprès de Circle suppose d’être éligible et de détenir un compte Circle Mint. JPM Coin, ou JPMD, est au contraire un dépôt bancaire tokenisé : il représente un dépôt en dollars chez JPMorgan et n’est accessible qu’à des clients institutionnels préalablement approuvés par la banque.


Info N°9

Le blocage du CLARITY Act au Sénat américain pourrait accélérer le déplacement d’activités liées aux actifs numériques vers des juridictions offrant un cadre réglementaire plus lisible, selon Peter Hughes, CEO d’Apex Group. Le 15 septembre, le Sénat n’a pas réussi à réunir les 60 voix nécessaires pour ouvrir le débat sur le texte, avec un vote de 49 contre 50 : le projet est donc bloqué, mais pas juridiquement abandonné. Hughes estime que l’Asie, le Moyen-Orient et des places comme les Bermudes pourraient bénéficier de cette incertitude américaine. Il cite notamment l’Arabie saoudite, où Apex travaille déjà sur des projets de tokenisation d’actifs réels.


Info N°10

La banque centrale suédoise appelle le Parlement à rouvrir le dossier d’une couronne numérique, face à la montée des stablecoins et à l’avancée du projet d’euro numérique. La Riksbank craint qu’en l’absence d’une version numérique facilement utilisable de la couronne, les paiements domestiques ne se déplacent progressivement vers des monnaies étrangères ou des instruments privés plus pratiques. Elle souligne également l’enjeu de résilience : une e-krona pourrait constituer une solution de paiement publique utilisable comme complément au cash et, potentiellement, comme solution de secours en cas de cyberattaque ou de panne majeure. La banque centrale n’a toutefois pas encore décidé de recommander formellement son émission, qui nécessiterait au moins cinq années de travaux législatifs et opérationnels.


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