Info N°1
L’information est confirmée ce 1er octobre. Elle est particulièrement importante pour les CGP, car elle illustre concrètement le durcissement post-MiCA. L’Union européenne examine la poursuite des activités de Binance auprès de clients européens alors que la plateforme n’a pas obtenu d’autorisation MiCA et devait cesser ses activités concernées dans l’UE après la fin de la période transitoire. Binance s’appuierait notamment sur la « reverse solicitation » : un client européen peut, dans certaines conditions, solliciter de sa propre initiative un prestataire établi hors UE. Mais l’ESMA considère cette exception comme très étroite et non comme un moyen de contourner l’obligation d’agrément. Le fait qu’un client puisse encore techniquement accéder à une plateforme ne signifie pas que celle-ci puisse être intégrée normalement dans un parcours de conseil. Le dossier Binance montre précisément la différence entre « accessible » et « autorisé à fournir activement des services dans l’UE ». Des régulateurs européens examineraient désormais si l’usage fait par Binance de cette exception respecte réellement MiCA. Binance affirme pour sa part respecter les règles applicables et poursuivre ses démarches d’autorisation.
Info N°2
HSBC a officiellement baptisé son futur stablecoin en dollar de Hong Kong « HSBC RedCoin ». Son lancement est prévu au second semestre 2026 sous la licence d’émetteur accordée en avril par la Hong Kong Monetary Authority. Le point important est que HSBC ne traite pas RedCoin comme un simple actif crypto. Le stablecoin sera adossé 1:1 au dollar de Hong Kong, avec des actifs liquides de haute qualité placés dans des comptes séparés. Au lancement, sa distribution sera limitée à PayMe et à l’application mobile HSBC Hong Kong. Les premiers usages annoncés sont très concrets : transferts entre particuliers via PayMe, paiements chez les commerçants et, via l’application HSBC, souscription à certains investissements tokenisés. HSBC indique ensuite vouloir étendre progressivement les usages aux entreprises et aux institutionnels. RedCoin relie potentiellement trois univers dans une même infrastructure bancaire : le compte bancaire traditionnel, le paiement quotidien et les actifs tokenisés. Ce n’est donc plus seulement la logique d’USDT ou d’USDC utilisés dans l’écosystème crypto : une grande banque émet elle-même la monnaie tokenisée et l’intègre directement à son réseau de distribution. HSBC dispose en outre d’un avantage de diffusion significatif : PayMe compte plus de 3,3 millions d’utilisateurs. La banque indique que 74 % des clients interrogés connaissent déjà au moins un usage des stablecoins ; 57 % citent le trading d’actifs numériques ou les investissements tokenisés, 53 % les transferts entre particuliers et 52 % les paiements transfrontaliers.
Info N°3
Le Royaume-Uni vient de franchir une étape structurante dans sa réglementation des cryptoactifs. Depuis le 30 septembre 2026, la FCA accepte officiellement les demandes d’autorisation des entreprises qui souhaitent poursuivre des activités crypto réglementées au Royaume-Uni. La fenêtre principale court jusqu’au 28 février 2027. Le nouveau régime entrera ensuite en vigueur le 25 octobre 2027. À cette date, les entreprises exerçant les activités concernées devront être autorisées au titre du cadre FSMA. La FCA précise que l’autorisation ne sera pas automatique : les entreprises devront démontrer notamment leur solidité financière, leurs dispositifs de protection des clients, de safeguarding et d’intégrité de marché. Le parallèle avec MiCA est intéressant. L’UE a choisi un régime harmonisé à l’échelle européenne ; le Royaume-Uni construit son propre cadre post-Brexit autour de la FCA. Dans les deux cas, on retrouve la même évolution : on quitte progressivement une logique d’enregistrement principalement AML pour entrer dans une véritable réglementation prudentielle et de conduite des prestataires crypto.
Info N°4
ETH aurait progressé d’environ 70 % sur le trimestre, contre 42 % pour Bitcoin. Mais, parallèlement, la profondeur de marché d’Ether s’est détériorée : selon Coin Gecko, elle ne représentait plus que 35 à 45 % de celle de Bitcoin, contre au moins 60 % un an auparavant. Ce point est important car performance et liquidité ne racontent pas la même histoire. Une hausse forte dans un marché moins profond signifie qu’un volume plus faible peut déplacer davantage les prix. Cela peut amplifier les mouvements haussiers, mais aussi les corrections lorsque les flux s’inversent. ETH reste néanmoins très liquide en valeur absolue, avec environ 13 à 14 M$ disponibles à ±0,15 % du cours. Le problème est donc davantage relatif : Bitcoin consolide son statut d’actif crypto disposant de l’infrastructure de marché la plus robuste.
Info N°5
BlackRock et Ondo ont tokenisé trois portefeuilles modèles — High Income, Diversified Growth et High Growth — avec une logique particulièrement intéressante : le portefeuille devient lui-même un objet on-chain pouvant être négocié, rééquilibré et potentiellement utilisé comme collatéral. Pour la gestion de patrimoine, c’est un changement plus profond qu’un simple « ETF sur blockchain ». Demain, une allocation diversifiée pourrait être détenue sous forme tokenisée, ajustée presque en temps réel et intégrée à d’autres services financiers programmables. Cela ouvre notamment la voie à des rééquilibrages automatisés, à l’utilisation du portefeuille comme garantie sans nécessairement liquider les positions, et à des allocations pilotées plus finement par des algorithmes ou des agents IA. Il faut néanmoins distinguer la démonstration technologique de l’adoption réelle : réglementation, liquidité secondaire, conservation, fiscalité et responsabilité du conseil restent déterminantes.
Info N°6
Morgan Stanley franchit une nouvelle étape dans son développement sur les actifs numériques. La banque américaine a créé un « Digital Asset Lab », un environnement séparé de ses infrastructures principales destiné à tester les usages de la blockchain sans exposer directement ses systèmes critiques. Les travaux ne portent plus seulement sur Bitcoin ou Ethereum. Morgan Stanley veut notamment expérimenter les stablecoins, les dépôts bancaires tokenisés, les fonds monétaires tokenisés, les monnaies numériques de banque centrale et certaines applications DeFi, notamment les « vaults » permettant d’automatiser des stratégies financières on-chain. À ce stade, il s’agit d’expérimentations internes et non de nouveaux produits commercialisés auprès des clients. Les institutions financières commencent à considérer la blockchain non plus seulement comme une nouvelle classe d’actifs, mais comme une infrastructure potentielle pour les paiements, la gestion d’actifs et la circulation des titres. Après avoir proposé une exposition aux cryptoactifs, les banques commencent désormais à étudier la migration de certains mécanismes financiers traditionnels vers des infrastructures blockchain. Pour la gestion de patrimoine, c’est probablement cette convergence entre stablecoins, tokenisation et finance traditionnelle qui mérite le plus d’attention.
Info N°7
L’annonce est confirmée par Robinhood et marque une nouvelle étape dans sa transformation en plateforme financière « tout-en-un ». Lors du HOOD Summit 2026, Robinhood a présenté plusieurs produits destinés aux traders actifs : futures perpétuels sur crypto, trading d’actions le week-end, agents IA capables d’analyser les marchés et de passer des ordres, contrats liés aux résultats d’entreprises, horaires étendus sur les options et capacités de marge accrues. Sur les cryptoactifs, Robinhood prévoit des perpetual futures accessibles aux clients américains éligibles sur huit cryptos. Bitcoin et Ether pourront être négociés avec un effet de levier allant jusqu’à 10x, les autres actifs démarrant à 3x. L’infrastructure combine Robinhood Derivatives et Bitstamp. Le mouvement le plus intéressant est peut-être celui des agents IA. Robinhood permet désormais de créer dans l’application un agent disposant de son propre compte, capable de rechercher des informations, de construire une stratégie et d’exécuter des transactions. Une fonction baptisée « Loops » doit permettre de lui donner des instructions permanentes afin qu’il intervienne automatiquement lorsque certaines conditions sont réunies. Plus de 150 000 comptes de trading agentique auraient déjà été ouverts depuis le lancement initial de cette infrastructure en mai. Robinhood veut également supprimer la frontière temporelle entre actions et crypto. Une sélection d’actions et d’ETF américains doit devenir négociable 24h/24 et 7j/7, week-end compris, via Bruce ATS, sous réserve du cadre réglementaire applicable.
Info N°8
Fin août 2026, les RWA tokenisés représentaient environ 34 milliards de dollars. Les équivalents de trésorerie — principalement fonds monétaires et bons du Trésor américain à court terme — constituent près de la moitié de ce marché. Pourtant, seulement 0,006 % de leur encours a été échangé au cours du mois d’août. Plus de 95 % de l’exposition aux Treasuries tokenisés se concentre d’ailleurs sur les T-Bills et les money market funds. À l’inverse, les actions tokenisées ne représentent qu’environ 8 % des encours, mais concentrent 93 % des volumes spot. Dune relève également 12,6 milliards de dollars de transactions spot sur actions en août, auxquels s’ajoutent 72,4 milliards de dollars sur les contrats perpétuels liés aux actions. C’est une distinction essentielle : aujourd’hui, la tokenisation remplit au moins deux fonctions différentes. Pour les Treasuries, elle sert surtout de nouvelle enveloppe de détention d’un actif de rendement ; les investisseurs les achètent et les conservent. Pour les actions, elle crée au contraire un véritable marché de transaction, avec négociation 24/7, accès à des titres individuels et utilisation de dérivés on-chain. Le comportement des investisseurs diffère de celui observé en finance traditionnelle. Sur les marchés classiques, l’investissement indiciel et les ETF occupent une place majeure. Sur les marchés tokenisés, 81 % des actions détenues au comptant seraient au contraire des titres individuels.
Info N°9
Le blocage du Clarity Act ne semble pas, à ce stade, enrayer la consolidation du secteur crypto aux États-Unis. Le texte devait clarifier la répartition des compétences entre la SEC et la CFTC et mieux définir le statut réglementaire de nombreux cryptoactifs. Son enlisement au Sénat maintient donc une incertitude juridique importante. Mais cette incertitude ne touche pas tous les acteurs de la même manière. Les entreprises dont le modèle dépend directement de tokens au statut encore ambigu restent les plus exposées. À l’inverse, les segments déjà mieux balisés — infrastructures de marché, conservation, paiements, tokenisation d’actifs traditionnels — continuent d’attirer les acquéreurs. Le signal intéressant est donc celui-ci : les banques et grands acteurs financiers ne semblent plus attendre une clarification réglementaire parfaite pour avancer. Ils sélectionnent plutôt les activités dont le risque juridique leur paraît suffisamment maîtrisable.
Info N°10
L’Independent Community Bankers of America attaque l’OCC en justice en contestant l’usage des « national trust charters » accordées à certaines sociétés crypto. Son argument : ces agréments permettraient à des acteurs spécialisés d’entrer dans le système bancaire fédéral sans supporter exactement les mêmes contraintes que les banques traditionnelles, notamment en matière de dépôts assurés, de capital, de supervision prudentielle ou d’obligations communautaires. L’enjeu dépasse donc le seul cas de Protego. Si la contestation prospérait, elle pourrait remettre en cause une voie d’accès réglementaire utilisée par plusieurs acteurs de la conservation et des services sur actifs numériques.

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