Info N°1
Le nombre de détenteurs d’actions tokenisées atteint désormais environ 4,3 millions à travers les différentes blockchains, contre seulement 100 000 il y a un an, selon les données de Token Terminal au 24 septembre. Cette croissance est principalement portée par leur intégration dans les plateformes d’échange et de courtage. BNB Chain arrive en tête, tandis que Robinhood Chain compte environ 1,3 million de détenteurs et Solana près de 997 000. À nuancer toutefois : cet indicateur comptabilise les adresses détenant des tokens et non le nombre réel d’investisseurs uniques.
Info N°2
IBM a annoncé deux évolutions de son infrastructure dédiée aux actifs numériques. La première est une version bêta reliant IBM Digital Asset Haven au registre partagé blockchain de SWIFT, afin de faciliter des transactions en dépôts tokenisés au format ISO 20022 et leur intégration aux infrastructures bancaires existantes. La seconde concerne une version on-premises de Digital Asset Haven, déployable directement sur IBM Z et LinuxONE. Les établissements financiers peuvent ainsi conserver le contrôle de leur infrastructure et de leurs clés, avec une sécurisation reposant notamment sur des HSM, tout en développant des services autour des actifs numériques. L’approche d’IBM vise donc à rapprocher tokenisation, messagerie bancaire traditionnelle et exigences institutionnelles de sécurité.
Info N°3
L’ESMA fera de l’intelligence artificielle, de la tokenisation et plus largement de l’innovation numérique une priorité de supervision à l’échelle européenne à partir de 2027. L’objectif est d’harmoniser la manière dont les autorités nationales contrôlent l’usage de ces technologies par les acteurs financiers. Concrètement, les superviseurs devront notamment cartographier les usages de l’IA et des produits tokenisés, identifier les établissements les plus exposés et conduire des contrôles ciblés. L’attention portera en particulier sur la gouvernance, la qualité et la fiabilité des données, les dispositifs de contrôle interne ainsi que les conséquences pour les clients et la protection des investisseurs. Le point important est le changement de phase réglementaire : après la mise en œuvre de MiCA, l’UE ne se limite plus au seul encadrement des cryptoactifs. Elle élargit désormais sa surveillance à la tokenisation des marchés financiers traditionnels, aux infrastructures DLT et aux usages de l’IA dans les services financiers. L’ESMA indiquait déjà dans son programme 2026 vouloir analyser davantage l’impact de la tokenisation sur la structure des marchés européens et le régime pilote DLT.
Info N°4
Washington envisage de faire des stablecoins en dollars un véritable outil de politique monétaire et géoéconomique. L’administration Trump étudierait des partenariats public-privé associant notamment le Trésor, le Département d’État et la DFC afin de soutenir le déploiement de stablecoins adossés au dollar dans des marchés étrangers. Le projet reste toutefois à un stade préliminaire : aucun pays cible, financement ou calendrier n’a encore été officiellement annoncé. Le mécanisme recherché est double : étendre l’usage international du dollar sous une forme numérique et créer une demande supplémentaire pour les bons du Trésor américain utilisés dans les réserves des émetteurs. Les émetteurs de stablecoins détiendraient déjà près de 200 milliards de dollars de titres publics américains à court terme. Cette stratégie inscrit les stablecoins dans la compétition monétaire internationale, face notamment aux infrastructures de paiement numérique développées par la Chine et aux projets européens autour de l’euro numérique et des actifs tokenisés. Elle présente néanmoins un enjeu particulier pour les économies émergentes : une diffusion massive de stablecoins en dollars pourrait accélérer la dollarisation numérique, avec des effets potentiels sur les monnaies locales et l’autonomie des politiques monétaires nationales.
Info N°5
La CFTC a précisé que les acteurs américains réglementés des marchés de dérivés peuvent investir les fonds de leurs clients dans des versions tokenisées d’actifs déjà autorisés, à condition que le token confère des droits juridiques et économiques identiques ou fonctionnellement équivalents à ceux de l’actif traditionnel. Cette clarification concerne notamment les investissements admissibles au titre de la Regulation 1.25. L’autorité reconnaît également qu’une blockchain peut servir de système de conservation des registres réglementaires. Les entreprises doivent toutefois garantir que ces données restent fiables, accessibles et reproductibles à la demande du régulateur. L’usage de blockchains publiques nécessite donc des procédures permettant de conserver et de restituer les informations réglementaires indépendamment du fonctionnement du réseau. Le signal est important : la CFTC ne crée pas une nouvelle catégorie d’actifs éligibles, mais applique progressivement le principe selon lequel la tokenisation ne doit pas, à elle seule, modifier le traitement réglementaire d’un actif. Elle ouvre ainsi davantage la voie à l’utilisation institutionnelle des actifs tokenisés comme collatéral, support d’investissement et infrastructure de tenue de registre.
Info N°6
Selon plusieurs informations de presse publiées les 23 et 24 septembre, l’administration Trump étudierait une stratégie visant à favoriser l’adoption internationale des stablecoins libellés en dollars. Le projet pourrait prendre la forme de partenariats public-privé associant notamment le Trésor américain, le Département d’État et la U.S. International Development Finance Corporation (DFC) à des acteurs privés. L’objectif serait double : renforcer l’usage international du dollar dans les paiements numériques et accroître indirectement la demande de bons du Trésor américain, largement utilisés comme actifs de réserve par les émetteurs de stablecoins. Le projet reste à ce stade à l’étude et n’a pas fait l’objet d’une annonce définitive.
Info N°7
Les autorités financières européennes alertent sur le risque que représente à terme l’informatique quantique pour la cryptographie utilisée par les blockchains. Des ordinateurs quantiques suffisamment puissants pourraient notamment compromettre certains mécanismes de signature à clé publique. Pour Bitcoin, le risque concernerait en priorité les anciennes adresses ou celles dont la clé publique a déjà été exposée ; environ 6,9 millions de BTC seraient potentiellement concernés selon les estimations citées par ESMA. L’enjeu n’est pas présenté comme une rupture immédiate de Bitcoin, mais comme un problème nécessitant d’anticiper la migration vers des solutions post-quantiques. L’Union européenne a déjà fixé une feuille de route : les États membres doivent commencer leur transition vers la cryptographie post-quantique d’ici fin 2026, avec une priorité donnée aux usages les plus sensibles.
Info N°8
Qivalis accélère son projet de stablecoin européen adossé à l’euro. Le consortium réunit désormais 37 établissements financiers dans 15 pays européens et emploie environ 40 personnes. Il poursuit parallèlement sa procédure d’agrément comme établissement de monnaie électronique auprès de la Banque centrale néerlandaise, préalable au lancement de son stablecoin réglementé. Pour son CEO Jan-Oliver Sell, l’enjeu dépasse largement les paiements transfrontaliers : les stablecoins pourraient transformer le trade finance en mettant également la jambe « cash » des opérations on-chain. Cela permettrait notamment de faire circuler et réutiliser les collatéraux en quelques minutes plutôt qu’en plusieurs jours, avec à la clé une rotation du capital nettement plus rapide. Le point à retenir est que Qivalis cherche à positionner l’euro dans les nouveaux circuits financiers tokenisés face à la domination actuelle des stablecoins en dollars. L’implication directe de dizaines de banques européennes donne au projet une dimension institutionnelle sensiblement différente de celle des émetteurs crypto historiques.
Info N°9
Ondo a été l’un des principaux moteurs du rebond des altcoins, avec une hausse de plus de 20 % après le lancement on-chain de trois portefeuilles conçus avec BlackRock. Le mouvement s’est ensuite diffusé à d’autres actifs, dont Litecoin, tandis que Bitcoin restait proche de 84 000 dollars et qu’Ether reculait légèrement. Cette séquence illustre surtout un phénomène de rotation vers les altcoins liés à la tokenisation et aux RWA, plutôt qu’une hausse homogène du marché. Ce vendredi 25 septembre, ONDO conservait d’ailleurs une progression d’environ 27 %, alors que Bitcoin évoluait toujours autour de 84 000 dollars. Le contexte macro reste cependant contraignant : la récente remontée des rendements obligataires américains a pesé sur Bitcoin et les principales cryptomonnaies, ce qui explique en partie la divergence entre BTC et certains tokens bénéficiant de catalyseurs spécifiques.
Info N°10
La Réserve fédérale américaine a publié deux propositions de règles destinées à mettre en œuvre le GENIUS Act pour les stablecoins de paiement. Elles précisent notamment les exigences applicables aux réserves, au capital, à la gestion des risques et aux procédures permettant aux banques supervisées par la Fed d’émettre des stablecoins. Les propositions sont soumises à 60 jours de consultation publique. Le projet prévoit en particulier un adossement intégral à des actifs liquides éligibles, avec des contraintes sur la composition des réserves et des exigences de capital graduées. Il encadre également les modalités d’autorisation préalable pour les banques souhaitant exercer cette activité. La Fed cherche aussi à préciser la question sensible des récompenses ou rendements associés aux stablecoins. Le cadre proposé laisse une marge étroite à certaines formes d’incitations, tout en évitant qu’un stablecoin de paiement soit assimilé à un dépôt rémunéré ou à un produit d’épargne classique. L’enjeu est important : après l’adoption du GENIUS Act, les États-Unis passent désormais de la loi-cadre à la mise en œuvre opérationnelle du régime prudentiel des stablecoins, avec un rôle directement défini pour les banques et leurs superviseurs.

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