Les CIF en 2024
Le rapport de l'AMF
Combien sont-ils ?
Selon le registre de l’ORIAS, la population totale des CIF enregistrés s’élève à 7013 au 31 décembre 2024, en progression de 4,5% par rapport à la même date en 2023. 37% d'entre eux sont affiliés à l'ANACOFI, devant la CNCGP (27%) et la CNCEF (22%). Au-delà de l'enregistrement, les effectifs déclarés par les CIF atteignent 18 800 personnes, en augmentation de près de 12% par rapport à 2023. En moyenne, les effectifs par structure avoisinent les 3 personnes mais avec de très fortes disparités.
Quels revenus ?
En 2024, les CIF ont déclaré un chiffre d’affaires total de 4,38 milliards d’euros toutes activités confondues, dont environ 918 millions d’euros au titre spécifique de l’activité CIF. Cette activité représente environ 21 % du chiffre d’affaires total, une proportion légèrement en baisse par rapport aux années précédentes où l’on était aux alentours de 23%. Le chiffre d’affaires moyen pour la seule activité CIF s’établit autour de 147 k€ tandis que la médiane est nettement plus faible (13 k€) ce qui confirme la forte concentration du marché, où quelques grands acteurs génèrent une part très significative des revenus.
Quels modes de rémunération ?
En 2024, la structure des revenus des CIF spécialisés en conseil en gestion de patrimoine (CGP) connaît une évolution notable, marquée par un net recul des rétrocessions de droits d’entrée et de sortie qui ne représentent plus que 60 % des revenus totaux (71% en 2023) suivis par les rétrocessions sur frais de gestion (28%). Quoiqu'en hausse, les honoraires ne représentent encore que 12% des revenus en 2024.
Les sociétés de gestion en 2024
Le panorama de l'AMF
Combien sont-elles ?
Depuis la crise du Covid, on observe une tendance baissière du nombre de sociétés de gestion de portefeuille en France, avec 695 sociétés agréées à la fin de l’année 2024 contre 708 en 2021. Après une forte baisse en 2023, le nombre de retraits d’agréments est de nouveau en hausse en 2024, dépassant le nombre de créations
de sociétés de gestion, même si celui-ci a augmenté par rapport à 2023
Des stratégies plus complexes dans un contexte de taux bas
La complexification des stratégies, dans un contexte de taux bas jusqu’en 2022, suivi d'un contexte international et énergétique incertain, est nettement visible à travers la progression constante de certaines typologies d’instruments sur lesquelles interviennent les sociétés de gestion.
Quels encours ?
Après une baisse significative en 2022, les encours gérés par les sociétés de gestion françaises reprennent leur tendance haussière, pour atteindre un niveau de 5 265 milliards d'euros au 31 décembre 2024. Cette augmentation des encours de 5,9% s’inscrit dans un contexte financier global favorable malgré un contexte macro-économique incertain.
Tokenisation d'actifs
Le feu vert de la SEC
De quoi s'agit-il ?
Les États-Unis viennent de franchir un cap stratégique dans la tokenisation des marchés financiers. En effet, la SEC autorise désormais l’utilisation de la blockchain pour conserver et reconnaître des actions, obligations et Treasuries sous forme tokenisée. Cette décision acte l’intégration d’infrastructures blockchain dans le post-marché.
Une autorisation provisoire
D'une durée pour le moment limitée à 3 ans, cette autorisation est restreinte à certaines blockchains répondant aux standards de sécurité du régulateur. Par ailleurs, le DTCC demeure l’unique dépositaire et opérateur de compensation, la blockchain n'agissant, à ce stade, que comme un registre complémentaire et non comme un substitut.
Les ambitions du DTCC
Si l'infrastructure autorisée est pour le moment hybride, l'objectif du DTCC est bien de tokeniser, à terme, l’intégralité de son dépositaire, soit environ 100 000 milliards de dollars de titres sur une infrastructure blockchain native.
La crypto en 2025
Un bilan en demi teinte
Un contexte globalement défavorable
En 2025, l’environnement macroéconomique a été marqué par un net resserrement de la liquidité : hausse du chômage, taux d’intérêt à des niveaux inédits depuis plus de vingt ans, poursuite du quantitative tightening et signaux de récession envoyés par les indicateurs PMI de l’ISM. Dans ce contexte, les actifs numériques ont logiquement souffert. Lorsque les flux vers les ETF crypto et les sociétés de trésorerie numériques (Digital Asset Treasuries) se sont taris, le marché a manqué de relais. Contrairement aux cycles précédents, les investisseurs particuliers ont été largement absents, faute de capital disponible à investir.
Le marché action plébiscité
Dans le même temps, les marchés actions ont fortement progressé, ce qui suggère que la liquidité, plus rare mais plus stable, s’est dirigée en priorité vers le thème dominant de l’année : l’intelligence artificielle. Cette dynamique révèle une hiérarchie claire dans les choix d’allocation. Dans un environnement où le rendement sans risque baisse, les capitaux se concentrent d’abord sur les actions, et en particulier sur celles qui portent les récits les plus forts de l’économie mondiale. Les actifs numériques, pourtant risqués, ont été relégués au second plan. Peu d’observateurs avaient anticipé l’ampleur des ventes de la part des détenteurs de long terme, qui ont pris des profits, accentuant la pression à la baisse sur le bitcoin au dernier trimestre 2025.
L'or reste la valeur refuge
À l’inverse, l’or s’est imposé comme la grande valeur refuge de l’année. Il a joué pleinement son rôle de protection face aux risques géopolitiques, surperformant l’ensemble des autres classes d’actifs. L’immobilier résidentiel mondial, de son côté, a continué de progresser, malgré un environnement macroéconomique tendu. Au final, les choix d’allocation reflètent avant tout l’appétit pour le risque des investisseurs. Les actifs numériques se situent à l’extrémité la plus risquée du spectre. Lorsque les conditions de liquidité et de flux ne sont pas réunies, le secteur dans son ensemble subit des corrections brutales. À l’inverse, les actifs tangibles occupent une place centrale dans les portefeuilles en période de dépréciation monétaire.
Une allocation Crypto
Pour quoi faire ?
Une valeur refuge encore en devenir
2025 est de ce point de vue implacable : Bitcoin n'a pas encore à ce jour le statut de valeur refuge que beaucoup lui prédisent. Même si les sous performances du dernier trimestre amplifient exagérément la tendance, les performances du cryptoactif sur l'année sont sans commune mesure avec celle de l'or ou des autres métaux précieux. Bitcoin est encore loin d'être l'actif vers lequel on se tourne en période d'incertitude.
Bitcoin, Ethereum... et les autres
L'enseignement principal du cycle en cours est sans nul doute le décrochage massif des altcoins par rapport à Bitcoin et, dans une moindre mesure, Ethereum. La liquidité est, cette fois-ci, restée très clairement sur ces 2 actifs qui, à eux seuls, continuent de représenter près des trois quart de la capitalisation totale de la classe d'actifs. Si une diversification crypto continue à avoir pleinement du sens pour augmenter la performance globale d'un portefeuille sur le long terme, il paraît de plus en plus périlleux d'investir dans autre chose que Bitcoin et Ethereum.
Bitcoin pour hedger le marché obligataire ?
Si Bitcoin reste assez corrélé au marché action, un nouveau phénomène se fait jour : lorsque le marché obligataire est en baisse (rendements en hausse), le Bitcoin tend à surperformer l'or et à se décorréler des obligations souveraines. Si le phénomène venait à se confirmer, ceci pourrait instaurer une nouvelle approche de portefeuille pour les allocateurs : « obligations + Bitcoin » comme barre défensive moderne.

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