Le shift générationnel
La génération Z se tourne massivement vers les investissements alternatifs
De quoi s'agit-il ?
Une étude conduite par Coinbase et Ipsos sur le marché américain indique que les jeunes adultes investissent très différemment de leurs aînés, avec une attention toute particulière donnée aux cryptoactifs. L'étude qui porte sur un échantillon de plus de 4.000 jeunes actifs aux Etats Unis révèle une nette fracture générationnelle entre la génération Z et les Millenials, d’une part, et la génération X et les baby-boomers, d'autre part.
Une analyse différente de la situation
Au-delà de l'appétence plus importante prêtée aux jeunes générations pour les investissements alternatifs, les différences de comportement s'expliquent par le constat qu'il leur sera plus difficile que leurs aînés de s'enrichir via les véhicules d'investissement traditionnels. Même si l'étude ne porte pas sur la France, on peut supposer une certaine convergence d'analyse de ce côté-ci de l'Atlantique dans un contexte de fragilisation du modèle par répartition.
Les investissements alternatifs plébiscités
Les plus jeunes investisseurs sont prêts à prendre plus de risques que leurs aînés : ils utilisent plus volontiers le levier et visent une performance plus importante. De ce fait, ils ont massivement recours à des expositions qu'ils pensent plus en phase avec cet objectif en plébiscitant les cryptoactifs et l'exposition sur les marchés dérivés.
Bitcoin
Le cycle de 4 ans est-il mort ?
Pourquoi 4 ans ?
Traditionnellement, l’évolution du prix du bitcoin est analysée à travers un cycle récurrent lié au fonctionnement même de son protocole : le halving. Environ tous les quatre ans, la récompense versée aux mineurs est divisée par deux, ce qui ralentit mécaniquement la création de nouveaux bitcoins. Un cycle "type" commence ainsi avec un halving, suivi d’une phase de forte progression des prix qui s’étend le plus souvent sur six à dix-huit mois. Cette phase est ensuite interrompue par un marché baissier, avant une période de stabilisation ou de reprise, puis l’arrivée du halving suivant, qui ouvre un nouveau cycle.
Pourquoi ce cycle est différent ?
Ce cycle a été marqué par plusieurs événements sans précédent depuis son lancement. Les éléments les plus structurants par rapport aux cycles précédents sont l’introduction des ETF, un début de cycle sous resserrement quantitatif, des taux d’intérêt nettement plus élevés, l’absence de sommet euphorique et un marché dominé par la thématique de l’intelligence artificielle. Tous ces éléments s'ajoutent au moindre effet produit par le halving qui semble avoir cessé de provoquer le choc d'offre observé jusqu'alors.
Vers un "super cycle ?"
À ce stade du cycle économique, la trajectoire du prix du bitcoin reste difficile à anticiper. De nombreux facteurs nouveaux ont brouillé les parallèles avec les cycles passés. Au-delà de la dimension psychologique du halving dans le comportement des acteurs de ce marché, force est de constater qu'en s'institutionalisant, le Bitcoin a vu sa volatilité se réduire de manière drastique et sa liquidité augmenter sensiblement. S'il n'a pas encore le statut d'actif anti fragile et n'a pas suivi, loin s'en faut, la trajectoire de l'or sur 2025, il devient de plus en plus accessible à mesure que l'offre bancaire se structure et les conditions d'une adoption de masse semblent être enfin réunies.
Classification des cryptoactifs :
L'AMF modifie sa doctrine
De quoi s'agit-il ?
L’AMF considère que certains instruments financiers, compte tenu de leur degré de complexité et de leur risque de perte en capital, présentent un risque de mauvaise commercialisation auprès de clients non professionnels. Par conséquent, les communications à caractère promotionnelle adressées par les distributeurs (PSI, CIF, …) à des clients non professionnels doivent comprendre un avertissement dissuasif pour ces clients.
Ce qui change concrètement
Désormais, l’AMF considère que les titres de créance complexes indexés sur des crypto-actifs respectant certaines conditions peuvent déroger à ces règles. En pratique, l’AMF vise principalement les exchange-traded notes (ETN) ayant pour sous-jacent des crypto-actifs dont la commercialisation auprès de clients non professionnels est donc facilitée par la mise à jour de ces positions.
Bientôt dans les assurances vie ?
Est-ce que cette évolution de la doctrine de l’AMF va amener l’ACPR à faire évoluer sa propre recommandation sur la commercialisation des contrats d’assurance vie en unités de compte constituées d’instruments financiers complexes ? Rien n'est moins sûr à ce stade. Pour rappel, seuls quelques ETP crypto sont actuellement disponibles dans de rares UC. Mais au-delà même de la position de l'ACPR, les assureurs semblent rester totalement imperméables à une quelconque évolution de leur politique en termes de listing de ce type d'actifs,... pour le moment.
Euro numérique
L'UE donne son feu vert... en catimini
De quoi s'agit-il ?
La commission et la BCE ont finalisé une proposition de texte qui sera bientôt soumis au Parlement européen pour confirmer, dans l'indifférence générale, le lancement effectif de l'euro numérique. La proposition sur laquelle le Conseil a désormais adopté sa position vise à clarifier les règles relatives au cours légal, y compris dans sa dimension numérique, afin d'assurer la cohérence entre les deux formes de monnaie publique.
Les principales dispositions du texte
Les principales dispositions de la proposition législative visent à garantir l'acceptation des espèces comme moyen de paiement dans toute la zone euro ainsi qu’à garantir que les citoyens aient accès aux espèces et puissent choisir librement leur mode de paiement préféré. Le Conseil exprime ainsi sa volonté d'interdire effectivement le refus d'accepter les espèces par les détaillants ou les prestataires de services, à quelques exceptions près, notamment pour les paiements de biens ou de services achetés à distance, y compris en ligne, et dans les points de vente sans personnel.
Et la suite ?
La balle est maintenant au Parlement européen alors même que son rapporteur Fernando Navarrete (PPE) n’est pas aligné avec le projet de la Commission et de la BCE, ce qui promet encore moult débats sur un sujet que beaucoup, même en Europe, jugent déjà totalement dépassé. Car le problème reste inchangé : les cas d'usage de cette nouvelle forme de monnaie dite "de détail" ne réussissent pas à convaincre, pas même les principales banques commerciales du continent, quasi toutes désormais résolument impliquées dans des projets de créations de stablecoins euro.
Les détenteurs de crypto fichés
Un risque pour leur sécurité ?
De quoi s'agit-il ?
Un récent amendement dans le PLF introduit l'obligation pour les détenteurs de plus de 5.000 € en cryptoactifs de le déclarer à l'administration fiscale. Cette obligation à laquelle ne pourrait pas déroger les détenteurs en self custody donne lieu à des débats nourris. Les pourfendeurs de la mesure rappellent, à raison, que de telles obligations n'existent pas pour un investisseur détenant des montres de collections ou des lingots dans un coffre. Le fisc dispose, par ailleurs, de nombreux moyens d'identifier le contribuable indélicat omettant de déclarer une plus value. Mais au-delà de la cohérence de la mesure, celle-ci inquiète surtout quant à ses conséquences en matière de sécurité.
Les détenteurs de cryptos de plus en plus ciblés par les criminels
En effet, la constitution d'un fichier central éveille nécessairement de vraies craintes que les données tombent en de mauvaises mains alors même qu'une employé de la DGFIP a récemment été condamnée justement pour avoir diffusé ce type de données sur le dark web... Alors que les agressions et les prises d'otages se multiplient, aucun détenteur ne tient particulièrement à voir dévoiler ses avoirs en crypto et son adresse postale sur les réseaux... surtout s'il pratique la self custody !
Les contre-mesures
Alors que faire ? Pour les inconditionnels de la self custody, un wallet multisig (type Safe) devient indispensable. Pour les autres, il reste les différentes options d'exposition indirecte via des ETP, les entreprises côtés dont le cours est fortement corrélé au Bitcoin ou l'investissement collectif (du club deal au FIA régulé). Le point commun de toutes ces options : vous n'investissez par dans un cryptoactif à proprement dit et donc vous déroger à l'obligation de déclaration. Autre avantage : le calcul de la plus value ne vous incombe pas.

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