Citadel Securities investit 400 millions de dollars dans Crypto.com pour une valorisation de 20 milliards
De quoi s'agit-il ?
Citadel Securities a pris une participation de 400 millions de dollars dans l'exchange Crypto.com, basé à Singapour, le 16 juillet, valorisant l'entreprise à 20 milliards. Il s'agit du premier tour de financement institutionnel de Crypto.com depuis sa création en 2016. La direction a indiqué que ces fonds financeront l'expansion vers les titres tokenisés, les dérivés, les marchés prédictifs et les actifs du monde réel tokenisés. Citadel Securities devient ainsi le premier actionnaire institutionnel externe de la plateforme.
Pourquoi c'est important ?
Citadel Securities est l'un des plus grands apporteurs de liquidité sur les actions et options américaines, et exécute une part significative du flux d'ordres retail. Cette prise de participation dans un exchange crypto natif, adossée à un mandat explicite sur la tokenisation, marque un basculement d'un rôle de teneur de marché à distance vers un alignement stratégique. La valorisation à 20 milliards place Crypto.com dans la catégorie de Kraken et donne à Citadel une exposition directe à l'infrastructure susceptible d'accueillir les actions américaines tokenisées.
Les enjeux
La prise d'equity, et non le simple apport de liquidité, fait de cette opération un pari de conviction. Citadel Securities domine la tenue de marché sur les actions et options américaines, et développe depuis 2025 sa capacité d'apport de liquidité en crypto. Prendre une participation en capital est un engagement d'un autre ordre : elle valide à la fois le modèle omni-trading de Crypto.com (perpetuals, actions américaines tokenisées, marchés prédictifs et actifs du monde réel sur les mêmes rails) et son ambition de devenir l'un des lieux où se construira la prochaine génération d'infrastructure de trading.
Le DTCC traite ses premières transactions de titres tokenisés en environnement de production
De quoi s'agit-il ?
Le DTCC a traité le 15 juillet ses premières transactions en production impliquant des actions, ETF et bons du Trésor américains tokenisés. Une vingtaine d'institutions y ont participé, dont JPMorgan, Goldman Sachs, BlackRock et Vanguard. Les cas d'usage couvraient les transferts de collatéral, les opérations de repo, les mouvements de marge et les transactions fermes. Les opérations ont été réglées sur Hyperledger Besu et Canton Network. Un service de tokenisation plus large est prévu pour octobre.
Pourquoi c’est important ?
Le DTCC conserve plus de 114 000 milliards de dollars de titres et règle l'essentiel des flux quotidiens sur les actions, obligations et ETF américains. Son approche ne crée pas de nouveaux actifs numériques : les titres existants conservés au DTCC sont convertis en "jumeaux numériques" sur blockchain qui conservent des droits identiques de propriété, de dividende et de gouvernance. C'est un modèle fondamentalement différent des "wrappers" tokenisés par des tiers, qui aligne la tokenisation sur le cadre juridique existant plutôt que de le contourner.
Les enjeux
L'opération démontre que les actifs tokenisés peuvent circuler dans l'infrastructure de marché américaine existante sans modifier le régime juridique sous-jacent. Idan Ofrat, Chief Product Officer et co-fondateur de Fireblocks, a confié à The Big Whale : "Je vois trois vagues dans les actifs numériques : le trading crypto, les paiements en stablecoins, et désormais les titres tokenisés." L'utilisation par JPMorgan d'unités tokenisées de l'ETF QQQ comme collatéral au CME marque le premier cas d'usage économique de cette troisième vague.
Visa lance sa Stablecoin Platform et intègre l'Open USD aux côtés de l'USDC
De quoi s'agit-il ?
Visa a dévoilé la Visa Stablecoin Platform (VSP), un service permettant aux banques, fintechs et prestataires de paiement d'émettre, détenir, transférer et gérer des stablecoins via les rails existants de Visa. Au lancement, la VSP prend en charge l'Open USD (OUSD) aux côtés des intégrations existantes de Visa avec l'USDC (Circle) et l'USDG (Paxos). Le service combine infrastructure de portefeuille, gestion de trésorerie, approbations de transactions et journaux d'audit, et est initialement accessible à une sélection d'utilisateurs en bêta.
Pourquoi c'est important ?
La VSP lève un frein majeur à l'adoption institutionnelle des stablecoins : le coût opérationnel de la construction d'une infrastructure blockchain. Banques et fintechs peuvent désormais émettre, détenir et régler des stablecoins via les mêmes rails que ceux qu'ils utilisent pour les paiements par carte. Visa a rapporté 7 milliards de dollars de volume annualisé de règlement en stablecoins en avril, et exploite plus de 130 programmes de cartes adossés à des stablecoins dans plus de 50 pays. Le lancement donne également à l'OUSD une distribution immédiate auprès du réseau marchand mondial de Visa.
Les enjeux
Elie Naba, CEO de Meridian, à The Big Whale : "Le mouvement de Visa valide ce que beaucoup défendent : les banques veulent la capacité stablecoin sans reconstruire leur infrastructure. Reste à savoir si ces opérations vivront dans l'environnement géré d'un réseau de cartes, ou sur des rails neutres que les banques contrôlent. Le minting et les wallets deviennent des commodités ; la question clé est qui contrôle la couche d'intégration entre leurs systèmes core et ces nouveaux rails."
La gouvernance Uniswap vote surl'activation des frais v4 et l'extension à Robinhood Chain
De quoi s'agit-il ?
Du 19 au 26 juillet, la gouvernance d'Uniswap se prononcait sur deux propositions : activer les frais du protocole sur une sélection de pools Uniswap v4 sur sept chaînes (Ethereum, Arbitrum, Base, BNB Chain, Polygon, Optimism, Robinhood Chain), et étendre les frais v2 et v3 à Robinhood Chain. Les deux propositions alimentent le mécanisme de burn de l'UNI mis en place lors de la refonte de gouvernance "UNIfication" de décembre 2025.
Pourquoi c'est important ?
Le vote transforme le fee switch d'Uniswap en un mécanisme de cash-flow réel pour les détenteurs de tokens. Robinhood Chain, lancée le 1er juillet, a généré 6 milliards de dollars de volume cumulé de swap au 10 juillet, essentiellement porté par les memecoins. Activer les frais convertit ce flux en réduction de l'offre d'UNI. En pratique, le plus grand DEX de la DeFi achève sa transition d'un véhicule de croissance vers un protocole d'accumulation de valeur.
Les enjeux
L'activation des frais d'Uniswap illustre une mutation plus large de la gouvernance DeFi : les tokens sont de plus en plus conçus pour capter les revenus du protocole plutôt que pour servir uniquement de droits de gouvernance. Elle souligne aussi le poids croissant de Robinhood Chain sur la liquidité onchain : une maison de courtage cotée aux États-Unis exploite désormais un L2 Ethereum classé parmi les cinq premières plateformes DEX en volume. Elle rappelle que la frontière entre courtage réglementé et protocole ouvert se dissout des deux côtés.
Ceci est un extrait du briefing hebdomadaire de The Big Whale, le premier media indépendant traitant des cryptoactifs dans une perspective financière.
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