Circle obtient l'agrément définitif de l'OCC pour sa charte de National Trust Bank
De quoi s'agit-il ?
Circle Internet Group (NYSE : CRCL) a annoncé le 10 juillet avoir reçu
l'agrément définitif de l'Office of the Comptroller of the Currency (OCC) pour créer
First National Digital Currency Bank, N.A., opérant sous le nom de Circle National
Trust. L'entité assurera la conservation fiduciaire de l'infrastructure USDC et des
affiliés de Circle, la gestion des réserves de l'USDC étant identifiée comme une
capacité future. Circle avait obtenu un agrément conditionnel en décembre 2025.
Pourquoi c'est important ?
Circle devient le premier émetteur de stablecoin placé sous supervision bancaire fédérale directe, faisant entrer la conservation de l'USDC (et, à terme, la gestion de ses réserves) dans le périmètre de l'OCC. L'entité pourra ensuite servir directement les clients institutionnels, positionnant Circle comme une contrepartie régulée pour les banques et les firmes de dérivés cherchant une exposition aux rails dollar on-chain sans ouvrir de relations crypto bilatérales.
Les enjeux
L'agrément fait suite au cadre fédéral pour les stablecoins établi par le GENIUS Act et scelle un paysage américain à deux vitesses : d'un côté les émetteurs pleinement agréés (Circle, ainsi que les candidats Ripple, Paxos, BitGo, Connectia Trust de Sony), de l'autre les acteurs offshore comme Tether. L'USDC se rapproche désormais d'un profil de conservation de qualité bancaire, une étape dans la convergence entre dollars numériques et périmètre bancaire traditionnel, et une pression sur les émetteurs non américains à rechercher un statut équivalent
Strategy exécute sa première vente de Bitcoin sous son nouveau cadre de capital
De quoi s'agit-il ?
Strategy a vendu 3 588 BTC pour environ 216 millions de dollars entre le 29 juin et le 5 juillet, selon un dépôt 8-K du 6 juillet. Les ventes, exécutées à un prix moyen proche de 60 203 dollars, ont ramené le portefeuille total à 843 775 BTC. Les produits ont financé les distributions sur actions préférentielles et reconstitué la réserve en dollars à 2,55 milliards de dollars. La société a également révélé une perte de 8,32 milliards de dollars sur les actifs numériques au T2, ses avoirs affichant désormais environ 11,4 milliards de dollars de pertes latentes.
Pourquoi c’est important ?
Il s'agit du premier désinvestissement au titre du Digital Credit Capital Framework, annoncé le 29 juin, qui autorise jusqu'à 1,25 milliard de dollars de ventes de BTC pour honorer les obligations sur actions préférentielles. La vente confirme la fragilité du modèle d'accumulation, qui vire au cercle vicieux lorsque la mNAV réelle (capitalisation divisée par les avoirs BTC) reste inférieure à 1 sur une période prolongée, alors même que la société fait face à des sorties de trésorerie croissantes au titre des dividendes préférentiels.
Les enjeux
Le mouvement recalibre l'un des supports structurels de Bitcoin. Avec 197 sociétés cotées appliquant désormais des stratégies BTC-treasury, la vente forcée ou programmatique pour honorer des obligations fiat introduit une dynamique réflexive : la baisse des prix affaiblit les réserves de trésorerie des émetteurs, ce qui pousse à de nouvelles ventes. Même si le bilan de Strategy rend une vente forcée peu probable, le cadre lui-même modifie la manière dont le marché valorise la profondeur et la stabilité de la demande institutionnelle en BTC.
Swift active son ledger blockchain pour un pilote de dépôts tokenisés avec 17 banques mondiales
De quoi s'agit-il ?
Swift a annoncé le 9 juillet que son ledger partagé basé sur la blockchain est prêt pour une première utilisation, avec 17 banques réparties sur six continents (dont HSBC, Citi, BNP Paribas, UBS, Wells Fargo, MUFG, DBS et Standard Chartered) qui s'apprêtent à piloter en conditions réelles des paiements transfrontaliers réglés en dépôts tokenisés. Le système, basé sur Hyperledger Besu, fournit une couche d'orchestration 24/7 pour les jetons émis par les banques, tandis que le règlement final continue de transiter par les rails de correspondance existants.
Pourquoi c'est important ?
Il s'agit de la réponse directe de Swift à la concurrence des stablecoins sur les flux transfrontaliers. Le ledger étend les cadres de crédit, KYC et conformité bancaires au règlement always-on, en gardant la valeur au sein des dépôts régulés plutôt qu'en la laissant migrer vers des jetons non bancaires. Il ancre également 11 500 institutions membres à une couche d'interopérabilité unique, évitant la fragmentation des ledgers bancaires bilatéraux.
Les enjeux
Swift se positionne en couche de coordination pour la monnaie de banque commerciale tokenisée, en parallèle des initiatives Pontes et Appia de la BCE. Le pilote confirme que ce sont les dépôts tokenisés, non les stablecoins, que privilégient les acteurs historiques pour le règlement 24/7. Comme le formule Sabih Behzad, Head of Digital Assets chez Deutsche Bank : “Pour les dépôts tokenisés, la monétisation reste incertaine. S'agit-il d'un remplacement des rails traditionnels sans différentiel de coût ? Ou d'une voie rapide dont il faut payer le péage ? La question centrale qui reste à trancher est celle de l'interopérabilité des solutions de dépôts tokenisés entre banques.”
La BCE sélectionne 36 prestataires de paiement pour un pilote d'un an surl'euro numérique
De quoi s'agit-il ?
La Banque centrale européenne a annoncé le 14 juillet avoir sélectionné 36 prestataires de services de paiement de la zone euro (dont Deutsche Bank, UniCredit, Revolut, Worldline, Adyen, SumUp et Poste Italiane) pour un pilote d'un an sur l'euro numérique débutant au S2 2027. Plus de 50 PSP avaient candidaté suite à un appel lancé en mars 2026. Le pilote testera des paiements P2P et P2B (en ligne, hors ligne et e-commerce) avec une version bêta sans statut de cours légal, à travers la BCE et 19 banques centrales nationales.
Pourquoi c'est important ?
La sélection confirme que banques établies et PSP non bancaires (néo-banques, processeurs de paiement, acquéreurs) testeront ensemble, un choix de conception délibéré pour éprouver l'interopérabilité entre modèles économiques. Le pilote ouvre une fenêtre de 12 mois pour façonner les standards techniques, les parcours utilisateurs et les processus d'acceptation marchand avant une émission potentielle en 2029, sous réserve que le règlement sur l'euro numérique soit adopté d'ici fin 2026.
Les enjeux
Comme le formule Sabih Behzad, Head of Digital Assets chez Deutsche Bank, dans un entretien à TBW : “Les banques centrales ne le font pas pour une adoption de masse, mais pour offrir une option. L'euro numérique offrira la même option dans le monde numérique : convertir son argent en monnaie de banque centrale.” Le pilote intervient à un moment où les alternatives du secteur privé s'accélèrent : le ledger de dépôts tokenisés de Swift entre en production avec 17 banques, les consortiums de stablecoins se multiplient, et Bruxelles s'apprête déjà à rouvrir MiCA. Que l'euro numérique arrive à temps pour ancrer l'agenda de souveraineté monétaire de la BCE dépend moins de la technologie que du calendrier législatif.
Ceci est un extrait du briefing hebdomadaire de The Big Whale, le premier media indépendant traitant des cryptoactifs dans une perspective financière.
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