Placement de trésorerie
Panorama Hebdo
Tendances de la semaine
Cette semaine, le rendement servi par l'EURCV (Société Générale) reste stable à 8,73% en moyenne annualisée. Celui de l'USDC est également stable à 3,62%.
Pour rappel, les rendements présentés sont générés par les intérêts payés par les emprunteurs qui utilisent cette liquidité, sur le même principe qu'un Repurchase Agreement (Repo). Morpho, le protocole utilisé, assure une curation de niveau institutionnel, particulièrement adaptée aux trésoreries d'entreprises cherchant à dynamiser leurs liquidités.

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Morgan Stanley entre sur le trading crypto et casse les prix
De quoi s'agit-il ?
Morgan Stanley lance le trading crypto sur ETrade, sa plateforme de courtage, avec des frais de 0,50 %, inférieurs à ceux de Coinbase (0,60 %), Schwab (0,75 %) et Robinhood (0,95 %). Le service, annoncé le 6 mai, couvre pour l'instant le Bitcoin, l'Ether et le Solana. La banque prévoit de l'ouvrir à ses 8,6 millions de clients ETrade d'ici fin 2026, en complément de son offre d'ETF crypto.
Pourquoi c'est important ?
L'un des plus grands gestionnaires de patrimoine américains entre sur le trading crypto avec des tarifs plus bas que les plateformes spécialisées. Jed Finn, responsable de la gestion de fortune chez Morgan Stanley, parle de "désintermédiation des désintermédiateurs" : Wall Street compte capter une partie des flux crypto des particuliers grâce à sa base de clients existante.
Les enjeux
Morgan Stanley franchit une nouvelle étape : les grandes banques ne se contentent plus de proposer des ETF ou de la conservation d'actifs numériques, elles concurrencent désormais les plateformes crypto sur le trading et les prix. Si d'autres banques suivent, les exchanges crypto pourraient voir leurs marges se réduire sur leur segment le plus rentable, le retail, dans un contexte où leurs volumes de trading sont déjà en forte baisse.
Stablecoins en euro : Lagarde et la Bundesbank s'opposent surla stratégie
De quoi s'agit-il ?
Christine Lagarde a déclaré le 8 mai que les stablecoins en euro menacent la stabilité financière et l'efficacité de la politique monétaire de la BCE, plaidant pour un euro numérique public. Sa position tranche avec celle de Joachim Nagel, président de la Bundesbank, qui défendait en février les stablecoins privés en euro comme un moyen de contrer la domination du dollar et de réduire le coût des paiements internationaux.
Pourquoi c’est important ?
Ce désaccord au sommet de la BCE révèle une tension de fond. L'Allemagne mise sur des stablecoins privés régulés pour faire contrepoids au dollar, tandis que Lagarde craint qu'un transfert des dépôts bancaires vers des stablecoins n'affaiblisse la capacité de prêt des banques et ne réduise l'impact des décisions de taux. Le débat survient alors qu'un consortium bancaire européen (Qivalis) prépare le lancement d'un stablecoin euro régulé sous MiCA au second semestre 2026.
Les enjeux
Le marché mondial des stablecoins dépasse 300 Md$ et reste massivement libellé en dollar. L'Europe fait face à un choix : encourager des stablecoins privés en euro pour défendre sa souveraineté monétaire, ou miser sur une monnaie numérique de banque centrale. En réaction aux propos de Lagarde, Jan Oliver Sell, CEO de Qivalis, a déclaré à The Big Whale : “Chez Qivalis, nous considérons qu'un stablecoin libellé en euro est une composante essentielle d'une architecture monétaire moderne, fournissant l'infrastructure on-chain native nécessaire aux smart contracts 24/7 et au règlement atomique instantané. Nous estimons que les stablecoins régulés sont complémentaires aux autres solutions de paiement numériques. Ils comblent un manque critique en permettant aux entreprises d'opérer efficacement au sein de l'écosystème blockchain, tout en coexistant avec les rails de paiement publics et privés. In fine, nous pensons que cette infrastructure est indispensable pour prévenir la dollarisation numérique et garantir aux entreprises européennes une alternative robuste et régulée aux actifs libellés en dollar.”
Taurus décroche une licence MiFID II et prend une longueur d'avance en Europe
De quoi s'agit-il ?
La fintech suisse Taurus a obtenu le 6 mai une licence MiFID II auprès du régulateur chypriote (CySEC), près de deux mois avant l'échéance de la période transitoire MiCA du 1er juillet. Cette licence permet à sa filiale européenne de proposer des services d'investissement portant sur des obligations, actions, parts de fonds et produits structurés tokenisés dans l'ensemble de l'Union européenne.
Pourquoi c'est important ?
Taurus est le premier acteur purement crypto à décrocher une licence MiFID dans ce cycle, ce qui lui donne une longueur d'avance réglementaire. Avec plus de 40 banques clientes, l'entreprise peut désormais accompagner leurs projets de tokenisation à l'échelle européenne, au moment où la BCE prépare son infrastructure de règlement tokenisé pour le T3 2026.
Les enjeux
Cette licence marque un tournant : les actifs numériques ne sont plus seulement encadrés par une régulation crypto spécifique (MiCA), ils entrent dans le cadre réglementaire classique des marchés financiers. Cette avancée ne fait toutefois pas l'unanimité. Certains concurrents côté infrastructure, notamment Dfns, estiment qu'un fournisseur vendant de la technologie core à des banques tout en accumulant des licences pour offrir des services financiers concurrents crée un conflit d'intérêts structurel — et pourrait à terme dissuader des clients institutionnels méfiants à l'idée d'une exposition stratégique vis-à-vis de leur propre prestataire.
Le Sénat américain publie le texte complet du Clarity Act
De quoi s'agit-il ?
La commission bancaire du Sénat américain a publié le texte complet (309 pages) du Digital Asset Market Clarity Act, qu'elle a examiné et approuvé le 14 mai. Parmi les points clés : l'interdiction de verser des intérêts sur les stablecoins détenus passivement (considérés comme trop proches des dépôts bancaires), mais l'autorisation de récompenses liées à un usage actif comme les paiements. Ce compromis a été négocié par les sénateurs Tillis et Alsobrooks.
Pourquoi c'est important ?
Le Clarity Act poserait le premier cadre fédéral complet pour les marchés crypto aux États-Unis, en définissant quels actifs relèvent de la SEC ou de la CFTC. Le compromis sur la rémunération des stablecoins est politiquement sensible : il vise à protéger le modèle des banques tout en laissant de la place à l'innovation. Les Démocrates conditionnaient leur soutien à l'ajout de règles éthiques.
Les enjeux
La Maison-Blanche vise une adoption d'ici le 4 juillet. Dans une interview à The Big Whale, Dante Disparte (Circle) livre son analyse : "Le Genius Act a montré que la législation crypto pouvait être bipartisane, 108 Démocrates ont voté pour. Nous espérons un élan similaire pour le Clarity Act, mais l'ambiance reste plus clivante." L'adoption au Sénat rend désormais probable une adoption rapide.
Ceci est un extrait du briefing hebdomadaire de The Big Whale, le premier media indépendant traitant des cryptoactifs dans une perspective financière.
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