Semaine 51
Traditionnellement utilisé comme instrument de levier permettant d'éviter de recourir à l'emprunt pour financer de nouveaux investissements, la version crypto du crédit Lombard offre des opportunités fiscales encore peu connues.
🔵 La fiscalité appliquée aux cryptoactifs semble, de prime abord, relever du droit commun : des plus values imposées à la Flat Tax ou au taux marginal de l'IR, au choix du contribuable. Une particularité mérite cependant une attention particulière : les plus values latentes ne sont pas imposables, le fait générateur d'imposition étant la conversion du cryptoactif en monnaie fiduciaire. En d'autres termes, si vous convertissez vos Bitcoins en stablecoins, cette opération ne vous fera pas passer par la case impôt. Quel rapport avec le crédit Lombard me direz-vous ?
🔵 Un passage par les mécanismes utilisés par les protocoles de lending s'impose. Sur un protocole comme Aave, vous pouvez déposer du Bitcoin pour emprunter du stablecoin. Le protocole rémunère son détenteur en vous faisant payer un intérêt et vous pouvez réinvestir les stablecoins sur des cryptoactifs volatils. On retrouve le mécanisme traditionnel du levier assis sur le dépôt d'un actif auprès du protocole qui remplace le tiers de confiance traditionnel. Rien de bien original en soi.
🔵 La chose devient plus intéressante lorsque vous réalisez cette même opération avec un prestataire acceptant vos Bitcoins en garantie mais vous fournissant en échange de la monnaie fiduciaire et non plus des stablecoins. En effet, votre collatéral aura beau être en plus value latente, vous ne le convertissez à aucun moment en monnaie fiduciaire et, de ce fait, vous ne déclenchez pas d'évènement fiscal. En d'autres termes, si votre collatéral connaît une valorisation sur le très long terme, vous disposez de la possibilité d'investir sur d'autres actifs en différant l'impôt et sans vous en dessaisir.
Les mécanismes de la Finance Décentralisée associées à un cadre fiscal français qui reste, quoi qu'on en dise, extrêmement favorable aux cryptoactifs font progressivement émerger de nouvelles possibilités pour différer l'impôt. Gageons que des fiscalistes sauront exploiter les nouvelles niches qui se font jour !

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